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Jean-Paul II, Benoît XVI et Jésus

Je vous propose aujourd’hui samedi 7 mars en nouvelle actualité un magnifique article que j’ai lu cette nuit dans la rubrique "Prières" et qui a été déposé hier par Thomas Gueydier. Je ne ne connais pas personnellement ce catholique anonyme, mais je le remercie du fond du cœur. Virginie-Frigide


Benoît… je prie pour toi ! 6 mars 2009 à 12h18min / thomas gueydier — thomas.gueydier@free.fr

Beaucoup se sont émus en voyant Jean-Paul II, à la fin de sa vie, affronter les foules balbutiant, claudiquant, hésitant alors que la faiblesse avait raison de ses moindres gestes et du moindre de ses mots. Beaucoup on vu dans l’image de ce pape jadis glorieux réduit à l’immobilité – puissant héros de l’Histoire avachi dans sa cathèdre - l’évocation mystérieuse d’un Royaume qui n’était pas de ce monde. Un Royaume où « les boiteux entrent dans la danse », comme disent les Ecritures.

Beaucoup ont su déchiffrer derrière les lents déplacements et les longs silences du pontife fatigué d’alors le sermon silencieux mais au combien éloquent du pasteur devenu muet d’amour et de persévérance. Et pour cause, c’était le Christ souffrant qui se donnait à nous, nous abreuvant de son angoisse transformée en joie, s’exposant, se donnant, nous aimant jusqu’à mourir.

Il y avait aussi les gardes tendant leur éponge de vinaigre à ce moment-là. Il y avait tous ces impatients qui voulaient débarrasser le plancher pour que l’on puisse enfin se réjouir sans cadavres. Pourquoi ne part-il pas ? Qu’est-ce qui lui prend ? A-t-il encore les capacités de gouverner l’Eglise ? Quelle image renvoie-t-il des chrétiens ? Il y a eu tous ces coups de lance plantés rageusement dans le côté de celui qui demeurait là, devant tous, parmi les éclats de rire, proclamant à la face des peuples qu’il n’y avait pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Mais il y a eu aussi cette eau et ce sang jaillissants. Qui oubliera ? Ce réconfort et cette paix. Cette confiance et cet abandon. La certitude profonde et lumineuse que cet homme ne se donnait pas en vain. Qu’il y avait là pour l’Eglise et pour le Monde aussi une semence, un immense espoir et l’expression même d’une manière d’être pour tous, à tous, au risque de la blessure, de l’humiliation et du crachat.

C’est ainsi que je vois Benoît XVI en ce moment. Il est seul, désolément seul, pris au piège, humilié. Lui aussi est accablé par une terrible lenteur. Le moindre de ses mots, tous ses gestes sont paralysés maintenant par un terrible silence. Il hésite, il se tait. On le n’entend plus ou plutôt on ne l’écoute plus. Il erre dans des espaces devenus subitement trop grands pour lui, délaissé par ses plus proches amis. Lui, le brillant intellectuel, le héros de l’esprit, le prince de la théologie, il est devenu subitement l’infâme, le rebut, celui sur qui la honte s’abat. Des quatre coins de la terre, on proteste, on se lève, on menace. Toi le messager de Dieu, le défenseur du Logos, tu nous donnes des leçons ? Puisque tu es si fort, sauve-toi toi-même !

Comme Jean-Paul II, Benoît XVI a eu tord de donner, de se donner, de s’épuiser à donner. Il a eu le tord de s’exposer et de courir un risque impardonnable : ouvrir la porte aux pécheurs. Ce que n’avait pas fait, à ce point sans doute, son prédécesseur. Il a osé parler à ceux qui avaient refusé le salut de l’Eglise, aux séparés, à ceux qui avaient voulu d’eux-mêmes, sciemment, délibérément se couper de ce qu’ils savaient être la voie de Dieu. Il a eu le tord de se laisser inviter chez les gens de mauvaise vie, chez les collabos, les infréquentables, les odieux, chez tous ces Zachée qui pactisent avec l’ennemi .

De fait, ils lui ont bien rendu. Ils sont là ces Zachée, au pied de la Croix, en train de l’appeler mon ami , mon traître d’ami , mon collabo d’ami , mon frère de sang et mon compagnon d’infortune. Il l’embrassent, lui mettent leur couronne de honte, l’étreignent de leurs bras coupables, l’agrippent de leurs mains tachées par la lèpre et acclament leur roi avec des cris de haine.

Je vois aussi de l’eau et du sang sortir du côté affaibli de Benoît XVI. Il ne crie pas. Il ne se révolte pas. Il ne répond pas. Il n’est pas bête, il sait qu’un horrible piège s’est refermé sur lui. Il sait que tous ceux pour qui il s’est donné, pour qui il a souffert depuis tant d’années, pour qui il a prié, jour et nuit, il sait que ceux-là l’ont trahi, lui et sa confiance. Mais il aime imperturbablement.

Il a conscience d’écrire avec son sang une autre version de l’histoire du fils prodigue : le fils perdu revient, son père court à sa rencontre, il demande que l’on prépare la fête et, au moment de lui enfiler l’anneau de la réconciliation, le fils retrouvé lui plante un poignard dans le dos. Comment faire comprendre au fils fidèle, celui qui n’a jamais trahi, que lui, le père bien-aimé, doit accepter cette nouvelle étreinte mortelle pour que tout soit accompli ?

Il y a là, à ses pieds, un groupe de femmes. Silencieuses elles aussi. Bousculées par les insultes. En prière. Elles savent que ce n’est pas la fin. Elle savent, comme jamais elles n’ont su, qu’il se donne plus que jamais et que, déjà, c’est le trône de sa gloire qui se tient devant elles. Une gloire qui n’est pas de ce monde. Une gloire qui ne passe pas. L’humble gloire de l’Eglise souffrante. Ut unum sint.

9 Messages de forum

  • Jean-Paul II, Benoît XVI et Jésus 9 mars 2009 09:21, par Henri d’E

    Belle et profonde réflexion. Mais je ne suis pas sûr que le pape aille aussi mal !

    Bien entendu, la critique est sévère. Comme la persécution contre les chrétiens du monde entier est violente. Nous sommes dans les derniers temps, et le démon le sait bien. Il utilise ses dernières cartouches. Elles font très mal.

    Mais en même temps, il n’y a jamais eu autant de foi, de confiance et d’espérance, de martyres et d’offrandes de soi. Et de conversions. Soyons donc confiants. "N’ayez pas peur !" Nous marchons vers Pâque, vers la Pâque éternelle !

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  • Jean-Paul II, Benoît XVI et Jésus 9 mars 2009 12:56, par Sibylle

    Bravo ! C’est exactement cela et vous ouvrez les yeux même à certains parmi les "pro-Benoit XVI" sur une manière d’interpréter les événements. (Je parle principalement pour moi bien sûr, d’autres avaient certainement mieux vu que moi). Je conseille à tous mes amis en ce moment et en référence à ces événements la lecture du ch 17 de l’evangile de Jean, le Testament spirituel du Christ : Il en est mort mais aussi ressuscité ! Je crois très profondément que, quand le Satan se déchaîne, c’est qu’on marche contre ses intérêts et c’est donc, en finale, bon signe même si c’est douloureux. Merci pour cette belle méditation sur la souffrance de deux Papes qui ont tellement donné de leur personne pour l’unité.

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    • oui nous pouvons dire que les fumees de satan sont dans l eglise cet achanement envers notre saint pere est signe de toute evidance ,nombreux somme nous, a le constater ;plus que jamais restons dans la priere continuelle unis dans le coeur de jesus et marie .ne soyons pas des prophetes de malheur ,mais des temoins de l esperance .jesus passe devant nous avons confiance en toi ;malgres tous les detacteurs qui sevicent en ce moment ,esperons et croyons en notre seigneur.il nous a donne sa vie une fois pour toute .tous unis dans l amour du seigneur

      re

      .

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  • Jean-Paul II, Benoît XVI et Jésus 9 mars 2009 16:41, par BB

    Cet article est vraiment très bien vu car il s’appuie sur l’Evangile pour répondre aux détracteurs de notre BPB (Bon Pape Benoît).

    Quand à la formule "Benoît j’ai confiance en toi ! " qui en a choqué certains, elle paraphrase simplement le "Jésus j’ai confiance en toi !" qui est sur l’image du Christ Miséricordieux de Sainte Faustine.

    (Virginie-Frigide, Bravo à toi, à tes Amis (et Frères en Jésus bien sûr) pour cette belle initiative.

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  • Ce n’est pas d’une grande plume que je répondrai à ce message mais d’un simple merci qui redonne l’espérance et l’amour de nous voir tous enfin réunis. Oui le Père a pardonné au fils prodigue ; faisons de même et laissons de côté tous ces commentaires qui ne mènent à rien qu’à jeter le discrédit sur ceux qui sont nos frères en Jésus Christ et sur nous-même. Le Christ n’a t’il pas dit "ne jugez pas et vous ne serez pas jugez", alors agissons de même et restons vigilants à ne pas agir ou parler de telle sorte que nos actes ou nos propos ne se transforment en contre témoignage.

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  • Jean-Paul II, Benoît XVI et Jésus 10 mars 2009 12:04, par Zabelle

    Ce texte remarquable ouvre notre cœur et notre intelligence ; je garde notre Pape, Benoît XVI, au creux de ma prière. Je vous encourage tous à prendre le temps de lire cette analyse. Merci à l’auteur et à Brigitte.

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  • Thomas Gueydier coordonne les activités du Centre d’études théologiques de Caen.

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  • Jean-Paul II, Benoît XVI et Jésus 12 mars 2009 12:14, par Arlette Descoings

    Monsieur, Quand L.Daufresne, sur radio Notre Dame, a lu votre texte, j’ai ressenti une vraie douceur sur la douleur que M Briend avait crée dans mon âme par ses propos haineux. Merci de tout mon coeur pour cette réflexion profonde que vous avez voulu partager avec ceux qui souffrent des attaques orchestrées contre l’Eglise Vous nous ramenez à la Miséricorde, à l’Evangile à "l’humble gloire de l’Eglise souffrante. Ut unum sint." Vous nous avez donné l’Espérance. Merci. Que Dieu vous garde

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© Benoît XVI j'ai confiance en  toi ! 2009